Machine à PPC : le regard d’un nouvel utilisateur

L’équipe de Respir@dom a interviewé Mr M. qui vient de commencer un traitement de ses apnées du sommeil par une machine à pression positive continue. Son témoignage est rapporté sans commentaire.

M est une personne apnéique, qui a commencé son traitement depuis deux semaines au moment de notre rencontre. Avant le début de son traitement, il savait qu’il faisait des apnées du sommeil, il avait déjà une certaine connaissance de la pathologie car plusieurs de ses proches y étaient sujets et suivaient ou ont suivi à un moment un traitement par machine à pression positive continue. Leurs expériences se sont révélées négatives, ce qui l’a amené à refuser ce genre de thérapie.

Il a néanmoins fini par ne plus supporter les problèmes de sommeil et la fatigue diurne, causées par les apnées mais également par un problème de mictions impérieuses nocturnes, il était réveillé fréquemment par des envies d’uriner urgentes, voire même douloureuses. L’addition de ces deux troubles était exténuante et avait une influence très néfaste sur ses activités. Il était en effet amené par son métier à fréquenter souvent les théâtres mais s’y endormait continuellement, malgré son grand intérêt pour ce qu’il regardait, et le bruit causé par les apnées n’était pas d’un grand agrément pour les spectateurs voisins.

il a donc décidé d’aller consulter un peu à contrecœur, mais motivé par un ami qui lui avait montré sa machine, qui lui avait paru plus douce et confortable que celles qu’il avait vu jusqu’à présent.


Son examen polysomnographique a révélé un nombre très élevé d’apnées (environ 60/h), la machine a été installée, il a quelques difficultés à s’y adapter (le masque lui donne un peu l’impression d’étouffer et manque de confort, il est parfois réveillé par les variations de pression de la machine, le bruit…), mais par un effort de volonté il est parvenu au bout de quelques jours à garder le masque une nuit quasi-complète, et sa somnolence a disparu (même en soirée), il ressent une amélioration de son tonus, de sa résistance physique, de sa libido, et, pour la première fois depuis 10 ans ses mictions impérieuses ont disparu, à sa grande surprise, car il avait consulté un grand nombre d’urologues et aucun d’eux ne lui avait parlé d’un lien potentiel entre son problème et les apnées, il a l’impression que ces consultations ont été une perte de temps et d’argent et que ces spécialistes n’ont pas fait leur travail correctement.

Malgré les avantages conséquents du traitement au niveau de son bien-être quotidien, mettre le masque reste une contrainte, c’est une lutte, mais les bénéfices à court (il est passé en deux semaines de 60 apnées par heure à 5) et long terme le poussent à persévérer, il a de plus en plus de facilité à se plier aux exigences du traitement.

Son prestataire de soins à domicile doit bientôt venir lui proposer de nouveaux types de masques (le sien ne lui convient pas, il possède un masque narinaire mais sans bandeau frontal de fixation du tuyau). Malgré les difficultés qu’il rencontre avec la machine comme la sécheresse buccale, le bruit…, il reconnaît que les progrès techniques effectués depuis qu’il connaît ce type de machine sont intéressants.

Néanmoins, M me dit qu’il aurait aimé être mieux formé à l’utilisation de la machine lors de son installation : par exemple, le technicien lui a fait essayer le masque en position assise alors qu’il s’est ensuite aperçu qu’en position allongée ce n’était pas la même chose. Il est par ailleurs satisfait des services de son prestataire (disponibilité, rapidité d’intervention, amabilité), mais aimerait une certaine diversification de son rôle : faire partager l’expérience qu’ils accumulent auprès des patients, donner des astuces (techniques de relaxation, utilisation des accessoires…)
Il se pose des questions sur la disponibilité des machines, il existe différentes solutions technologiques sur le marché mais il a l’impression de ne pas avoir accès à toutes, ce qui cause une certaine frustration, il serait prêt à changer de prestataire pour obtenir la machine qui lui convient le mieux.

Pour M le traitement par pression positive constitue donc une avancée au niveau de son bien-être, il reste contraignant mais les avantages qu’il lui procure sont très appréciables au quotidien. Néanmoins, il reste quelques points négatifs liés au cloisonnement des soins qui le préoccupent, il serait à sons sens utile que les techniciens soient une source de conseils pratiques plus précis, que la communication entre les différents intervenants de santé soit optimisé